Liberté et Prospective

Notre société fondée sur le droit et le contrat social reconnait des libertés individuelles à des citoyens théoriquement capables, autonomes et rationnels. Ainsi, notre Liberté, dépend de l’organisation juridique du pays. Sous le concept de vertu civique, la tradition libérale occidentale, très attachée à la Liberté comme premier terme de la devise républicaine, s’est donc employée à équilibrer les relations humaines entre la liberté à laquelle chaque homme aspire et la soumission aux contraintes de la vie en société.

Pourtant, malgré une Liberté organisée, notre monde soumis à des évolutions de plus en plus rapides, issues d’imaginations créatrices et d’inventions généreuses, paraît toujours fragile et soumise à des pesanteurs culturelles, des freins émotionnels et des injustices sociales. Depuis les Lumières, le progrès scientifique, facteur de bien-être présent, devait remplacer le religieux basé sur l’espérance d’un bien-être ailleurs. Cependant, la croyance dans un avenir meilleur s’est atténuée et le progrès, hier facteur d’égalisation des conditions et de bien-être, est aujourd’hui considéré comme une menace pour la survie de l’Homme et de son écosystème. Avec en corollaire, un retour du fondamentalisme religieux qui semble, en ce début de XXI° siècle, donner raison à la prophétie de Malraux sur le XXIeme siècle qui serait spirituel ou pas.

Face à ces interrogations et ces défis, le recours à la prospective définie par son concepteur Gaston BERGER comme « une attitude pour l’action qui tienne compte des caractéristiques de l’avenir, en fonction de l’homme » s’avère nécessaire. Entre les adeptes du déterminisme piétiste, les conservateurs soucieux que rien ne change, les cyniques  prêts à tous les changements pourvu que rien ne bouge et les inconscients « advienne que pourra », il convient de retrouver la Liberté d’un destin commun choisi et de  reprendre le sens de l’action en se fixant pour objectif de comprendre le réel pour atteindre l’idéal et en gardant à l’esprit l’avertissement de Flaubert quand il constatait que « l’avenir nous tourmente, le passé nous retient, c’est pour ça que le présent nous échappe. ».